Je ne penses qu’à sauter…

Il y a des jours où on déteste son cinéma ! Lorsque j’ai appris la sortie sur grand écran de « la traversée du temps » partout sauf chez moi voilà la phrase qui m’est venue à l’esprit de suite : « il y a des jours… ».

Heureusement d’irréductibles fans de cinéma avec un grand F (pour fans et pas pour cinéma car le Finéma Fa n’existe pas !) ont décidé de le mettre en prog en VOSTF lors de leur festival et j’ai pu réparer l’erreur de l’avoir raté. Du coup même si le film date je me suis dis que le présenter serait sympa vu qu’il est sorti en DVD et qu’on peut en tirer un débat sympa.

Mais commençons par parler des origines de la traversée du temps, origines bien plus anciennes que le film d’animation de Madhouse. C’est Yasutaka Tsutsui qui est à l’origine du roman « La traversée du temps » en 1965. Par la suite de nombreuses adaptations verront le jour que ce soit à la TV ou au cinéma (cinq séries télé et deux longs métrages entre 1983 et 1997). Certes l’auteur de roman ne nous est pas trop connu pourtant il est assez réputé dans son pays. Donc voici un roman qui va donner naissance à notre traversée version Hosoda qui nous a offert une relecture assez sympa de l’histoire originale.

Biographie de Mister Mamoru Hosoda

Né en 1967, il fait ses armes à la Toei Eiga (actuellement Toei Animation) en 1991 grâce à des long métrages comme Digimon ou encore One Piece. Il quitte la Toei Animation en 2005 pour bosser à divers endroits. Il est même pressenti pour être le réalisateur du film Le Château Ambulant c’est dire la qualité du travail fourni par Mr Hosoda. Même si c’est finalement Miyazaki qui fait le château Mamoru Hosoda commence à faire parler de lui. Il finira par rejoindre Madhouse et son premier projet au sein de ce studio se trouve être le fameux remake du roman de Tsutsui. Il est d’ailleurs assez marrant de savoir que Paprika du même studio provient aussi des romans de Tsutsui. C’est Satoko Okudera qui s’occupera de la réécriture du roman pour lui filer un coup de jeune sous la direction de Hosoda et le résultat est surprenant à plus d’un titre.

La traversée du temps un film pas comme les autres…

Revoyons le résumé du film pour se remettre dans le bain ainsi que les prix reçus prouvant la qualité du travail fourni.

Réalisation : Mamoru Hosoda
Character design : Yoshiyuki Sadamoto (Neon Genesis Evangelion, Les ailes d’Honnéamise)
Directeur artistique : Nizo Yamamoto (Princesse Mononoké, Le Tombeau des lucioles, …)

Prix du Jury au 31ème Festival international du film d’animation d’Annecy 2007
Prix au Tokyo Anime Fair 2007 :

– Film d’animation de l’année
– Meilleur Réalisateur (Mamoru Hosoda)
– Meilleure histoire originale (Yasutaka Tsutui)
– Meilleur scénario (Satoko Okudera)
– Meilleure direction artistique (Nizo Yamamoto)

Résumé tiré du dossier de presse.

Makoto est une jeune lycéenne comme les autres, un peu garçon manqué, pas trop intéressée par l’école et absolument pas concernée par le temps qui passe ! Jusqu’au jour où elle reçoit un don particulier : celui de pouvoir traverser le temps. Améliorer ses notes, aider des idylles naissantes, manger à répétition ses plats préférés, tout devient alors possible pour Makoto. Mais influer sur le cours des choses est un don parfois bien dangereux, surtout lorsqu’il faut apprendre à vivre sans !

Bref vous l’aurez compris le pitch est léger (encore un énième titre parlant de pouvoir et de responsabilité cette fois ci avec le temps) mais il suffit de voir les prix reçus pour comprendre qu’il ne faut pas s’arrêter là et s’intéresser plus particulièrement à la manière dont le film a été tourné et à la vision du réalisateur.

Si on regarde de plus près l’histoire dans sa chronologie on ne peut s’empêcher de penser au film américain « un jour sans fin », film où l’on voit un personnage tenter d’améliorer une journée bien mal débutée en la revivant sans cesse pour parvenir à la perfection. Mais il ne faut pas s’arrêter là car le traitement de cet anime est plus fin et bien moins Happy Ending à la mode USA. Notre héroïne va vite comprendre que le destin ne se laisse pas si facilement manipuler et que tout effort pour le changer ne mène qu’au même résultat : la déception de la défaite face à celui-ci ! Je ne vais pas gâcher le plaisir en dévoilant l’intégralité de l’histoire à ceux qui ne l’ont pas vu mais prévoyez les mouchoirs… Personnellement, je ne peux m’empêcher de comparer l’évolution scénaristique de ce film au film de Zemekis : Retour vers le futur. En effet à bien y regarder ce sont de petit événements qui vont mener la jeune Makoto de manière crescendo à un final des plus dramatiques. On peut dire que pour son long métrage, Mamoru Hosoda réussit une réalisation rondement menée.

Le graphisme et le traitement de l’image n’est pas en reste car si ce film est en deçà de nombreux autres titres du studio, l’ensemble est homogène et propose différents temps qui permettent au spectateur d’assimiler les informations qui lui parviennent. A plusieurs moments je n’ai pu me retenir de penser que ces moments de calmes où l’on peut observer la vie dans toute sa simplicité ressemblent aux passages les plus calmes de Oshii dans ses oeuvres. Il suffit de revoir Patlabor ou ghost in the shell pour retrouver ce genre de rupture action/contemplation qui nous offre une pause plus que nécessaire. Pour en conclure avec l’image on ne peut qu’apprécier certains effets visuels comme celui des sauts dans le temps qui mèle différentes techniques ou bien encore la course effrénée de Makoto pour rattraper la caméra à la fin du film…

Bref ce film fut pour moi un rare moment de plaisir comme on en voit trop rarement au cinéma, pas de baston, pas de mièvrerie, pas de grosse corde scénaristique… Ce film se déguste tout en douceur comme un coucher de soleil estival : assis et rêveur face à tant de beauté et de chaleur…

La bonne nouvelle pour conclure cette petite présentation la voici :

Adaptation d’une nouvelle française

Après leur collaboration sur La Traversée du Temps, Mamoru Hosoda retrouve le scénariste Satoko Okudera sur l’adaptation animée d’une série de nouvelles fantastiques de l’auteur français Serge Brussolo, Peggy Sue. L’histoire d’une jeune fille de 14 ans capable de voir les créatures maléfiques qui nous entourent et qui les affrontent pour les empêcher de tourmenter les simples mortels.

Voilà qui me pousse à attendre de voir le nom de Hosoda sur les écrans avec impatience s’il réussit un autre tour de force de la qualité de « la traversée du temps » pas vous ?

En sortant du film je me suis posé divers question sans doute aurez vous les réponses :

Pourquoi Makoto appelle t’elle sa tante “la sorcière” ?
Que feriez vous avec un tel pouvoir ?
Auriez ou aurez vous la même réaction que Makoto face à la déclaration de Chiaki ?
Etes vous partant pour violer la loi afin de pouvoir admirer une oeuvre disparue ?

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