I Robot ?

Ca vous dit de voir une pièce théâtrale sans humain ? C’est ce que je vais vous présenter aujourd’hui via un jeune auteur et metteur en scène, Oriza Hirata.

Un type en avance sur son temps

Celui-ci est né à Tokyo en 1962. Dès son plus jeune age (oui bon son adolescence) il marque de son empreinte le monde de la littérature. En effet à 16 ans, il décide d’effectuer le tour du monde à bicyclette, Il parviendra à parcourir plus de 20 000 km et visitera 6 pays en un an et demi ce qui en soit est déjà pas mal mais ne s’arrêtera pas là. Dès son retour, il publie un livre relatant son voyage, Les Aventures d’Oriza.

Parti sur ça lancée, durant ses années d’université, il va continuer à accumuler les exploits :
Il écrit sa première pièce puis fonde la Compagnie Seinendan et monte des spectacles à partir de ses textes (Histoire de vous calmer voilà la liste : Gens de Séoul, 1991 ; Confessions d’un simple d’esprit, 1993 ; Nouvelles du plateau S, 1994 ; La Maison en flamme et Le Courage, 1995). En clair il s’agit là d’un boulimique du travail créatif et artistique.

Et comme cela ne suffit pas, en Parallèle, il s’amuse à développer une étrange théorie selon laquelle le théâtre doit puiser dans la vie quotidienne des Japonais pour mieux la traduire. Ces idées se retrouvent dans divers ouvrages tels que Gendai Kogo Engekino tameni. Cette façon d’envisager le théâtre va marquer le monde théâtral au Japon à tel point qu’on la retrouve fréquemment dans celui-ci depuis bientôt 20 ans.

Je pourrais vous parler de ce monsieur durant des paragraphes mais il est plus simple de résumer en disant qu’Oriza Hirata est l’une des figures les plus reconnues du théâtre contemporain japonais au point que l’on retrouve son nom de manière internationale car il collabore régulièrement avec la France, la Corée, la Australie, les États-Unis ou l’Irlande…

Au Japon le Futur passe par la robotique

Depuis plus d’une dizaine d’année la robotique avance à grands pas en Asie. La première apparition de ces êtres faits de puces et de circuits s’appelle Aibo. Ce compagnon cybernétique dont le but avoué est de remplacer votre ami canidé est arrivé sur le devant de la scène en 1993. Depuis, Aibo évolue au fil des ans. Aujourd’hui son intelligence artificielle dépasse de loin celle d’un Rintintin car elle lui permet de se mouvoir comme un vrai chien (un minimum), danser, lire les e-mails, jouer des mp3 et bien d’autres choses… Pour la petite histoire, il fut le premier robot de compagnie en vente et lors de sa sortie en 1999 les 3000 unités disponibles au Japon s’arrachèrent en 20 minutes sur internet…

Par la suite, il faudra attendre 2005 pour voir arriver non pas un autre animal mais directement un androïde à l’apparence humaine : Repliee Q1 qui ressemble à s’y méprendre à une femme asiatique. Bien que bloquée en position assise cette création arrive à simuler l’être humain. Bien d’autres arriveront comme Palette (un robot mannequin vu le nom je précise), le Robot trompettiste (un futur Louis Amstrong ?) et surtout Wakamaru… Pourquoi s’attarder sur celui-ci ? Car il va avoir une évolution un poil hors du commun.

Mon papa est majordome, je serais comédien

Wakamaru ( http://www.youtube.com/watch?v=qMqNlS_hAao&hl=fr ) est un robot humanoïde à tout faire conçu par la firme Mitsubishi afin d’aider la famille au quotidien. Celui-ci a été étudié pour répondre aux demandes les plus courantes mais possède un grand nombre d’innovations héritées de ses prédécesseurs : il connait 10.000 mots, peut en autres aller chercher des informations sur le net, surveiller la maison et alerter ses propriétaires en cas de problème. Il se recharge seul et se repère dans le temps et l’espace. On est loin d’un simple aspirateur ou four micro-ondes n’est ce pas… Mais le plus surprenant c’est que ce robot ouvrier va jouer sa vie sur scène.

Oui vous avez bien lu, car le 25 novembre, à l’université d’Osaka, la première pièce jouée par un humain et un robot humanoïde a été présenté devant la presse. Durant 20 minutes, notre robot de type Wakamaru, gentiment nommé Momoko pour l’occasion et reprogrammé pour donner la réplique aux acteurs et se déplacer sur la scène du théâtre, va converser de sa situation avec l’actrice Minako Inoue.

Le futur se déroule aujourd’hui sur scène

Pour mieux comprendre mes propos voici un court résumé de la pièce en question glané on ze ouaib :
Hataraku Watashi (I, Worker = Moi l’ouvrier) se déroule dans un futur proche. Elle se concentre sur un jeune couple possédant deux robots de ménage, et dont l’un des travailleurs mécaniques perd sa motivation à travailler. Ce dernier se plaint des conditions de travail dégradantes dans lesquelles il officie, avant que ne démarre une discussion plus profonde dans laquelle il interroge ses propriétaires à propos de la place qu’il occupe dans leurs vies. Par cette discussion, le dramaturge Oriza Hirata nous offre un questionnement sur les relations existant entre technologie et humanité.

Bien entendu 20 minutes est une durée bien courte pour une pièce mais M. Hirata espère l’adapter en version longue d’ici à 2010. On ne sait pas encore exactement quand, mais ce jour-là devrait marquer l’histoire du théâtre mettant un sacré coup aux intermittents du spectacle car il est clair que Momoko, s’il se plaint de sa condition sur scène, se contente allègrement de sa recharge électrique quotidienne sans demander d’augmentation de salaire une fois le rideau baissé.

★ Mais vous que pensez vous de cette utilisation hors du commun d’un robot ?
★ Vous n’avez pas peur que l’on se retrouve assisté par ces mécaniques ?
★ Envie d’avoir le même à la maison ?

Une pensée sur “I Robot ?

  • 9 décembre 2009 à 12 h 34 min
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    Article très intéressant, un grand merci.

    Quant à avoir une machine à la maison, avec plaisir quand le prix sera plus abordable. Par contre, et malgré toute la poésie de diverses œuvres, l’aspect technique m’est trop connu pour que je leur octroie une humanité et les sus-mentionnées œuvres n’évoque au final que des réflexions sur notre propre humanité.

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